Exposition Vladimir Vélickovic

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Du 22 juin au 21 septembre 2002

Depuis plus de quarante ans, Vladimir Velickovic peint des catastrophes – pire, ou mieux, il peint la splendeur de la catastrophe. Qu’il s’agisse de naître ou de mourir (deux fautes majeures !), de se divertir (sous peine de ne pas supporter le réel), ou d’augmenter la dose de souffrance dans le monde (l’activité préférée de la plupart…), il traque les moindres détails de la misère de l’homme dans un monde sans dieux. Pour qui sait regarder par-delà cette œuvre sans concession, elle est aussi une leçon de sagesse tragique en forme d’invitation à vivre de manière incandescente, -en attendant la mort…
Michel Onfray

BIOGRAPHIE


Né le 11 août 1935 en Yougoslavie, Vladimir Velickovic est diplômé de la faculté d’architecture de Belgrade.
Professeur à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, il vit et travaille à Paris depuis 1966.
Au début des années 60, Vladimir Velickovic détermine les thèmes qui figureront de manière permanente dans son œuvre. Il peint des hommes ou des animaux dont les corps sont confrontés à des situations dramatiques et terrorisantes. Il exprime ces tensions, ces sentiments de désespoir et ces malaises physiques au moyen d’une surcharge des traits ou de la matière. Il utilise principalement le noir, le gris et le blanc ponctués de rouge sang. Il tente avant tout de laisser une cicatrice dans la mémoire du spectateur du tableau.

VLADIMIR VELICKOVIC


… Les éléments de base d’une peinture se trouvent profondément accrochés quelque part dans l’homme lui-même.
Le tempérament, le caractère, l’optique, la vision portée sur l’environnement, sur les évènements, le bagage hérité de l’enfance, l’histoire toute bête (et méchante) qu’elle peut être et qui a fait, malgré nous, partie de notre quotidien.
Cette histoire que nous faisons et qui nous bâtit.
La violence en réalité, la réalité violente, était toujours pour moi une sorte de double imposé.
Ce n’est pas moi qui ai choisi cela, du moins je le crois. La violence était là, présente, pesante, effrayante, en tenue de combat, en état de guerre et en état d’après-guerre.
Forte en rafales de mitraillettes et aussi forte en rafales de mots d’ordre. J’appartiens à une génération qui a joué avec la violence (et sous la violence), qui a grandi sans que ça change pour autant, et qui vit aujourd’hui toujours en regard de cette monstruosité. On se réveille avec, on se couche avec.
Est-ce qu’on peut la rejeter, ne pas la voir, y rester insensible ?
Elle s’introduit sous la peau, elle est là, résistante, toujours renouvelée, pas très imaginative, à vrai dire, chiante.
Quoi faire ? S’occuper d’elle, vivre avec, en tout cas on ne peut pas lui échapper. Se battre avec ?
Inutile de négocier.
La peindre. Encore plus cruelle, plus ensanglantée, impitoyable.
La faire voir. Mettre en images cet homme décapité, anonyme, fuyant, poursuivi par différentes agressions, parfois agresseur lui-même. Toute cette peinture
est un échange perpétuel d’agressions. On agresse une toile, elle renvoie l’agression en forme d’image. Entre les deux, vous essayez de vous débattre et, comme dit Alain Jouffroy, « derrière toute image, il y a une guerre réelle ». Je suis entièrement dedans, dans cette guerre qui continue d’image en image. Elle me concerne, elle fait partie de mon quotidien.
Je n’essaie pas de fuir. J’admets que la peinture peut être différente, et même à l’opposé, mais pour moi, je ne l’ai jamais considérée comme un « fauteuil confortable » selon l’expression de Matisse.
Peut-être une question d’engagement ?


 

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